La Pierre à Joseph — Une plongée comme on les aime

Les plongées du Mako – Mercredi 12 août 2026

Il avait suffi de quelques plongeurs disponibles et d'une envie de mer pour que le Mako prenne la direction de Riou.

La mer était calme ce jour-là. Presque trop calme pour la Pierre à Joseph.

Ici, le courant peut parfois donner une tout autre allure à la plongée. Il attire les bancs, met le paysage en mouvement et nous offre quelquefois le passage des barracudas.

Mais ce matin-là, rien de tout cela.

La mer était aussi paisible que nous.

Et cela nous allait très bien.

La plongée du jour

Site : La Pierre à Joseph – Archipel de Riou
Date : mercredi 12 août 2026
Conditions : mer calme, absence de courant
Durée : 90'
Profondeur maximale : 16 m
Température : 26°C en surface, 24°C à 16 m.


Depuis le ciel, la Pierre à Joseph n'est qu'un minuscule relief au bout de l'île de Calseraigne (plane).

Sous la surface, le paysage prend une autre dimension. Le relief en forme de crique découpe le parcours et offre autant de passages, d'abris et de postes d'observation.

Il ne reste plus qu'à descendre.

À peine sous la surface, le regard ne sait déjà plus très bien où se poser.

Les castagnoles papillonnent par milliers. Les sars indolents flottent à mi-profondeur. Entre les roches, les mérous apparaissent puis disparaissent au gré du relief.

À la Pierre à Joseph, ils ne sont pas vraiment une surprise.

Ils sont là.

Certains restent à distance, d'autres se laissent approcher quelques instants. Un regard, un mouvement de nageoire, puis ils reprennent tranquillement leurs occupations.

Et puis, au creux d'une roche, un tout jeune individu, ou plutôt une car les mérous naissent femelles et changent de sexe vers l'âge de dix ans.


Et sous les roches, d'autres habitants. Mostelles, chapons, murènes.

Et dans les petites anfractuosités, glissés dans la pénombre, du plus petit encore.

Certains apogons ont une drôle d'allure.

La bouche semble pleine à craquer.

Et pour cause.

Chez l'apogon, après la ponte, c'est le mâle qui récupère les œufs et les garde dans sa bouche jusqu'à l'éclosion. Pendant cette incubation, il ne peut pratiquement plus s'alimenter.

Quelques minutes auparavant, nous regardions des mérous de plusieurs dizaines de kilos.

Maintenant, toute notre attention tient dans la bouche d'un poisson de quelques centimètres.

Sous l'eau, changer d'échelle suffit parfois à changer de monde.

C comme Corbs

À la sortie d'un passage sous roche, un signe de la main.

Un C.

Corbs.

Nous en avons pourtant croisé depuis le début de la plongée. Mais cette fois, allons les voir.

Le regard quitte les trous et les petits détails.

Il s'ouvre de nouveau.

Les corbs ont des silhouettes de poissons dessinés par des enfants. Un corps rond, une queue et des nageoires partout.

Sous l'eau, leur robe sombre s'illumine de bronze et d'or. Ils nagent lentement, souvent en petits groupes, à proximité des roches.

Ils ne semblent jamais très pressés.

Ça tombe bien, nous non plus.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Une dernière rencontre passagère.

...un loup.

Là-haut, Riou n'a pas bougé. Les copains nous attendent et le soleil d'août est toujours aussi chaud.

Pendant une heure et demie, la vie sauvage a tranquillement distillé sa philosophie :

Le monde est immense, et nos préoccupations soudain minuscules.

Aujourd'hui, nous sommes allés plonger.

Espèces locales manifestant un attachement particulier au Mako.

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